Cette semaine, nous interviewons Leïla Mehnane, qui nous parle de son projet Nowkey, ainsi que de la rencontre avec son associé Pierre via Cofondateur.fr. Nowkey est une application mobile pensée pour les personnes pratiquant l’équitation et désirant s’améliorer. Elle s’appuie sur la vidéo pour corriger les erreurs des cavaliers et améliorer leurs mouvements.

Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Leïla Mehnane et j’ai fondé ma société il y a un an et demi dans le domaine de l’équitation et de l’analyse vidéo. Et je recherchais suite à une première aventure avec un collaborateur assez peu fructueuse quelqu’un pour pallier ce manque de compétences techniques en interne. 

 

Pouvez-vous nous parler de votre projet, Nowkey ?

C’est un projet qui est né à l’origine pour les cavaliers et qui finalement peut partir sur plusieurs sports. C’est un projet que j’ai moi-même imaginé parce que dans notre sport on n’a pas tellement recours à l’analyse vidéo, pour des raisons assez évidentes : on ne dispose pas des outils adéquats, alors que la vidéo est un super support technique pour progresser et comprendre ses erreurs. Au final, on s’est aperçu que ce qu’on avait conçu pouvait être utilisé dans d’autres sports, on a eu de la demande, et du coup aujourd’hui on se dirige vers une utilisation un peu plus large que ce qui était prévu au début, ce qui nous va très bien – mais n’était pas simple à mettre en œuvre. Ce n’est pas encore officiel, pour l’instant c’est en test dans d’autres sports, et on espère signer rapidement avec des clubs où des fédérations.

 

Quels genres de sport ?

Les sports collectifs d’intérieur particulièrement, tout ce qui va être à captation courte car nous travaillons uniquement avec le téléphone ou la tablette, c’est à dire ce que les gens ont dans la main. L’idée est que l’analyse vidéo soit très simple à effectuer, que ce soit pour le coach ou même plutôt pour l’utilisateur, le sportif. Il doit s’approprier lui-même son analyse et être co-constructeur de son apprentissage. L’idée est vraiment de donner au sportif les clefs d’un apprentissage de qualité, parce que les générations d’aujourd’hui n’apprennent plus comme avant et la vidéo peut parfaitement s’inscrire dans une perspective de co-construction entre le coach et l’élève, qui, s’il comprend lui-même, peut progresser naturellement. Il ne s’agit donc pas de remplacer le coach, mais de faire en sorte que les gamins ouvrent les yeux sur leur pratique et les pistes de perfectionnement.

 

Comment fonctionne l’application exactement, il s’agit de filmer les mouvements du cavalier, et ensuite, d’analyser la vidéo ?

Effectivement, le cavalier se fait filmer sur un exercice assez court, 2 minutes suffisent, soit sur des exercices que nous lui proposons soit sur des exercices que lui veut faire. Et sur les exercices qu’on lui propose dans l’application, quand il a ses 2 minutes de vidéo, on lui donne un cheval de référence sur lequel on a fait des annotations, des dessins (des ronds, des carrés, des lignes) pour expliquer qu’elle est la bonne position du cavalier, et surtout quel est le bon fonctionnement du cheval en dessous du cavalier, quel est l’impact de l’un sur l’autre et vice-versa. Et donc à partir de ces traits qu’on a nous mêmes tracés, lui va pouvoir dessiner via notre outil d’édition et enregistrer ses analyses. Grâce à cela, il va pouvoir voir que l’alignement des différentes parties de son corps n’est pas parfait et qu’il ne se tient pas droit par exemple, ou serre les jambes, ou n’ouvre pas la cuisse. On met en avant des éléments de bio-mécanique à travers des choses très simples en fait.

 

Y a-t-il eu une motivation particulière derrière la naissance de ce projet ?

Il y a eu une deux motivations distinctes. La première : j’étais particulièrement branchée par le milieu de l’équitation et le fait de faire quelque chose dans ce milieu qui est ma passion. L’entrepreneuriat me titillait depuis un moment sans que je sache comment m’y insérer et ce projet en a été la clé. Pour la seconde, c’est que j’étais fonctionnaire et que le métier ne me convenait pas totalement. J’avais envie de faire quelque chose qui aurait plus de sens pour moi.

 

Comment s’est passé l’association avec Pierre ?

Nous nous sommes rencontrés sur Cofondateur, j’avais discuté avec plusieurs personnes et c’est avec lui que j’ai eu l’échange le plus constructif, celui avec qui je suis allé le plus loin. Très vite on s’est rencontré, très vite on a décidé de passer par une première phase de collaboration, qui a pris la forme d’un travail de sa part sur la sortie de l’application Android et sur certaines améliorations à apporter. Nous arrivons maintenant au terme de cette période de test en termes de collaboration que nous nous étions fixée, pour voir si humainement ça passait. Après tout on ne choisit pas son associé comme ça, aussi facilement, j’ai tendance à penser aujourd’hui qu’une entreprise c’est pire qu’un mariage, surtout qu’on divorce plus facilement ! Donc ça nous tenait à cœur à tous les deux de passer par une première phase de travail très approfondie pour un peu se jauger dans les situations qui vont bien mais aussi dans les situations qui vont moins bien, dans les moments de tension, dans les moments de stress, de retard technique, qui arrivent tout le temps, les impératifs commerciaux etc. Et donc ça s’est bien passé, on a pu établir des bases de fonctionnement qui nous plaisent à tous les deux, et qui nous ont convaincu d’aller plus loin et de finaliser cette association. Nous nous mettons actuellement d’accord sur les termes de son entrée au capital.

 

Où en est Nowkey actuellement, sur quoi travaillez-vous ?

Nous en sommes au stade de la V1 sur les deux systèmes d’exploitation (android et iOS), on a une V2 qui va sortir cette automne avec de nouvelles fonctionnalités, on a une roadmap technique sur laquelle on a bien avancé et une roadmap de commercialisation qui s’enclenche doucement, avec un nombre de téléchargements qui nous convient bien et des premiers contrats B2B qui nous vont encore mieux. Et je l’espère, une levée de fonds dans les 6 mois à un an, pour pouvoir accélérer tout ça !

 

Pour finir, que pouvez-vous conseiller aux utilisateurs de Cofondateur ?

Je leur conseillerais de prendre le temps de la négociation et de la collaboration avant de finaliser les termes de l’association, car ces choix peuvent être lourds de conséquences.

 

Découvrez le témoignage de Benoist, fondateur de Dilotel, une plateforme de revente d’hébergements touristiques non remboursables, qui a lui aussi trouvé son associé via Cofondateur.

Ou encore le témoignage de Séverin, fondateur d’Ethi’Kdo, une carte cadeau multi-enseignes éthique et solidaire.

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